August 26, 2008

Châteaux de sables et widgets à gogo

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amo@emakina.fr

Si le web 2 a changé quelque chose dans la structure même du web, c’est sa widgétisation, en particulier le fait qu’une partie des services que peut proposer un site est motorisé par des services tiers. Exemple emblématique avec l’utilisation des outils cartographiques de Google Maps, à telle antienne qu’on s’en trouve surpris quand on tombe sur une carte faite maison.
Le résultat, c’est que que la widgétisation est un élément incontournable de toute stratégie digitale et que l’offre est littéralement pléthorique. On baigne littéralement dans les plug-ins, API, widgets et autres services intégrables, sources d’économie de développement, d’accès à des gisements et communautés qui accélèrent la transformation des objectifs. Un beau rayon pleins de produits vitaminés pour votre web, à condition de bien respecter les doses …


Tout ça c’est très sympa, mais la pratique invite à un peu de maîtrise et il ne se passe pas une semaine sans que le web s’émeuve que des pans entier de lui-même soient en carafe à cause d’un composant défaillant. Et je ne parle pas ici de l’océan des services basés sur Twitter qui sombrent avec lui et ses downs et restrictions régulières, non je parle des sites et portails dont une partie du business dépend bêtement de la viabilité des services qui s’y trouvent intégrés. Imaginez une seule seconde que Google Map soit down 1h, je ne sais pas avec combien de zéros se chiffrerait le manque à gagner… Heureusement, Google a les reins solides et sa politique de services offre un minimum de visibilité.
Au même titre que l’indigestion de plug-ins a fait souffrir la charge de bien des plateformes, l’intégration de services tiers est un vrai élément de la politique web, demande réflexion, rigueur et surtout prévention des risques histoire de s’éviter l’affaissement des performances si pas pire. Confère les récents déboires avec Feedburner …
Cela dit, tout ça ce sont des histoires pour les enfants si l’on songe à où nous en sommes vraiment en terme d’interdépendance.
Ce qui se passe entre Ning et WidgetLaboratory en est à ce titre éloquent. Techcrunch a fort bien éclairci cette sombre affaire, qui se résume ni plus ni moins qu’à la décision d’une plateforme (Ning) de faire le ménage dans les pratiques concernant des widgets venant s’inscrire dans son écosystème.
La vraie leçon de tout cela c’est qu’on peut toujours bâtir une économie et des stratégies basées sur des widgets, mais qu’elles sont dépendantes de la manière dont lesdits widgets vont être accepté ou tout simplement se comporter là où ils seront accueillis.
Que pensent ainsi les promoteurs d’applications Facebook d’avoir été relégué dans un onglets alors qu’avant ils étaient en cœur de page ? une question douloureuse au marché des éditeurs de widgets de tout poil, une bonne question adressée aussi au conseil en stratégie. On peut en effet élaborer de belles constructions intellectuelles basées sur les réseaux sociaux, encore faut-il se donner le minimum de veille permettant de garantir la solidité du raisonnement face aux changements d’écosystème. Ça s’appelle du devoir de conseil.

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