June 8, 2008

UGC, combien de divisions ?

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amo@emakina.fr

Lorsque le web 2 émergea et cru à très grande vitesse, il y eu un instant l’illusion que tout le monde bloguerai puis serait socialement producteur en ligne. On sait depuis que les écosystèmes sociaux fonctionnent – grossièrement – sur un doux équilibre entre une minorité qui produit et impulse, une autre qui critique et interagit avec la seconde, une petit majorité qui ne fait que suivre avec plus ou moins d’acuité ce que font les deux autres.
Il en est que la réalité d’une faible proportion de producteurs déçoit, d’autres qui y voient une nouvelle fracture à résoudre, mais les deux ont bien conscience que le contenu produit par les utilisateurs est la base de bien des économies.


Paradoxalement, les principaux intéressés, je parle autant des services que de leurs utilisateurs actifs ne se posent pas ce genre de question. Cela alimente simplement polémiques et débats sur la viabilité des modèles, les risques sociaux et sociétaux induits. Je ne suis pas en train de dire qu’il n’y a pas de problèmes, mais ils sont soient propres à l’économie en général, soient un écran de fumée fruit de la vive attention portée aux errements dans la recherche de la , notamment ceux de Facebook. Dans les faits, il y a beaucoup de services sociaux profitables et pas uniquement des brûleurs de cash.
J’ai donc envie de dire que l’on spécule plus qu’autre chose, mais il y a quand même quelques bonnes questions.
La première c’est qu’il ne me semble pas que l’on soit d’accord avec les éléments d’analyse. Nous ne sommes plus à l’ère des blogs, écosystème social simple, mais dans un univers social
hyper-complexe. Dans ce contexte, personne n’a la même définition de ce qu’est “produire”, “contribuer” ou même “consommer”. et génère des chiffres qui s’entrechoquent. La vraie question est celle de l’influence. L’impact d’une discussion sur Twitter peut être plus puissant que bien des billets de blogs. L’audience, le sens, le poids des interactions, le contexte même jouent énormément.
Pour ma part, je pense qu’il y a des questions d’équilibres et qu’ils sont propres aux conditions de chaque écosystème social. Faire du copier-coller a des limites en ce domaine.
Je pense ensuite que l’on a de bons chiffres sur l’impact en terme d’attention et de confiance apportée par les consommateurs et internautes en général sur ce que leurs congénères produisent et font. D’ailleurs, le monde du marketing commence à sérieusement s’interroger sur le changement que cela produit, quand il n’est pas déjà en mouvement. Le vrai sujet, c’est donc d’appuyer sur le bouton vert plutôt que de s’interroger à son propos.
La seconde, c’est que, producteur ou pas, le fait est que nos actions sur le réseau produisent une représentation de nous. Il y a semble-t-il un gros tiers des jeunes qui se soucient de la maîtriser, ce qui constitue au passage la véritable source de production de matière. Le fait d’être internaute nous fait être en ligne. Nous faisons partie de cette société que nous en ayons conscience ou non, que nous soyons soucieux de ce que cela signifie ou non surtout. En tous les cas la conscience de cela est de plus en plus établie. La régulation des usages sociaux est dans l’air du temps, mais là où certains ont l’air d’envisager sa mise au pas, il s’agit surtout de garantir ces bons vieux droits informatique et libertés que nous avons inventés il y a 20 ans en France. Il se trouve qu’on aurait de l’avance dans l’hexagone, mais la transformation de nos bonnes dispositions, la simple perception de la valeur qu’il y a là est loin d’avoir été perçue. Il serait temps.

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