September 7, 2004

Les mots pour le dire

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amo@emakina.fr

Dans un récent débat sur les Partenariats Public-Privés, j’ai notamment entendu quelque chose du style “il faut créer les conditions de l’exploitation des gisements d’informations publics et leur conditionnement en vue de la distribution au public”.
Des “gisements” que l’on “exploite”, des informations que l’on “conditionne” pour une “distribution”. Si j’enlève “d’informations publics” et que je met une ressource naturelle quelconque, ça colle non ?
Alors que j’évoquais récemment la question, on m’a répondu que c’était peut-être un nouveau signe du “retour à la nature” très en vogue actuellement. Pourquoi pas. C’est surtout un bon moyen de donner un air bien traditionnel aux activités de l’Internet et il faut constater que ce vocabulaire est apprécié.

Tout de même, les mots ont un sens et cela mérite réflexion. Deux exemples :
Côté minier, un gisement suppose que l’on extrait quelque chose de préexistants et évoque un non-renouvellement de la matière et un tarissement du filon. L’information est une matière qui se renouvelle et qui vit, non ?
Côté agricole, un silot sert à stocker de manière organisée des matières premières produites et récoltées. Est-ce que l’information, cela se sème ? quel est le meilleur fertilisant ?

Il est tout de même troublant qu’une activité de service recherche une forme de sérieux dans le vocabulaire agricole ou industriel. En tous les cas, le vocabulaire de la société de l’information n’a pas atteind la maturité.

jlgrellier

Le nombre d’intervenant dans les colloques, forums etc qui n’y connaissent rien mais savent qu’il faut y être pour être remarqué va croissant… et les petites phrases bien construites mais qui ne signifient rien également.

Je suis tout à fait d’accord avec toi et il serait inquiétant que l’information ou le savoir soient des données épuisables !!!
Oui l’information ça se sème :

- “si nous avons chacun un objet et que nous les échangeons,, nous avons chacun un objet – Si nous avons chacun une idée et que nous les échangeons, nous avons chacun deux idées” (proverbe chinois)

et ça se récolte….

Le meilleur fertilisant… avoir un terrain fertile… un lieu d’échange… un langage commun… des normes communes… etc. et un peu d’eau (pour boire… les échanges d’idées sont parfois épuisant).

A+